IDRISSA OUEDRAOGO, UN AMOUREUX RECONNU DE SA CULTURE

Pour Idrissa Ouedraogo, le cinéma africain est une revendication identitaire. C’est un désir de...
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Lorsqu’un homme œuvre pour le compte de la culture, il reste éternel. Tel est le cas d’Idrissa Ouedraogo. C’est un réalisateur Burkinabé qui n’a pas laissé la capitale du Cinéma indifférente. Il a pour la plupart du temps tourner des films aux décors purement africains. Cela  a pu être constaté dans son film « Yaaba » sorti en 1988. Il a su mettre en valeur le continent africain en général et le Burkina Faso en particulier.

C’est en 1986 qu’Idrissa Ouedraogo réalise son premier film intitulé « Yam Daabo » qui signifie « Le choix » en Mooré. Puis en 1988, il met sur pied le film « Yaaba » qui signifie « Grand-mère » toujours en Mooré. En 1990, il sort le film « Tilaï » qui équivaut à « la loi ». En 1991, il met en scène la pièce e théâtre « La tragédie du Roi Christophe » d’Aimé Césaire au théâtre français. En 1994, il réalise le film « Le Cri du Cœur ». Puis en 1997, il sort « Kini et Adams ». Et en 2001, Idrissa Ouedraogo ne se limitera pas à la réalisation mais se transformera également en producteur l’un de ses films à succès « Kadi Jolie ». La liste de ses œuvres est inachevée. Grâce à son travail, il a reçu plusieurs prix sur plan national et international parmi lesquels le fameux Etalon d’or de Yennenga en 1991, le prix du meilleur court-métrage en 1981 au FESPACO, Grand prix documentaire de Melbourne et plus encore.

Idrissa Ouedraogo est né le 21 Janvier 1954 à Banfora au Burkina Faso. Il va faire des études d’anglais à l’Université de Ouagadougou. En 1981, il sort major de sa promotion à l’Institut Africain d’Etudes  Cinématographiques (Inafec). Il crée une société de production appelé Les Films de l’Avenir  pour produire son film de fin d’études intitulé « Poko ». Il réalisera de nombreux documentaires la même année mais en étant fonctionnaire à la Direction de la Production Cinématographique du Burkina Faso. Il ira faire un stage au VGIK (Institut fédéral d’Etat du Cinéma) à Moscou en Russie. Ensuite, il ira en France pour des cours à l’Institut des hautes études cinématographiques (Idehc-Fermis). En 1985, il obtient alors un DEA de Cinéma. Idrissa sera décoré première classe de l’Ordre national du Burkina Faso, Première classe de l’Ordre tunisien du mérite en 2016 et Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en France.

Pour Idrissa Ouedraogo, le cinéma africain est une revendication identitaire. C’est un désir de liberté. C’est une manière soi sans calque. Le problème du cinéma africain réside au niveau du gouvernement qui ne met rien en place pour valoriser la culture car ce ne sont pas les moyens qui manquent. Selon le génie Burkinabé, le cinéma nécessite un financement pour garder le cap et évoluer avec son temps. Pour faire grandir le secteur du cinéma, Idrissa Ouedraogo pense qu’il faut former des professionnels des métiers relatifs au 7ème art. Il localise le problème dans le fait que les africains refusent de consommer le cinéma africain. Pour Idrissa Ouedraogo, les réalisateurs telsque Henri Duparc avec son film « Bal Poussière » et Jean Pierre Dikongue Pipa avec son œuvre « Muna Moto » sont considérés comme des monuments de l’histoire du cinéma. Selon lui, pour que l’industrie du 7émé art fonctionne, il faudrait que les cinéphiles apprennent à consommer les œuvres locales. Et le Nigéria est un pays qui met son cinéma sur un pied d’estale en le valorisant. Après une quarantaine de films, c’est le 18 Février 2018 à Ouagadougou, à l’âge de 64 ans que le film de sa vie prendra fin. Idrissa Ouedraogo laisse derrière lui des élèves qui cherchent à lui faire honneur. Ils veulent continuer le travail que le réalisateur emblématique a commencé pour justifier que ses enseignements n’ont pas été vains.

Ivane Messi

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