YARHA 2024 – LES CRITIQUES FONT LE POINT SUR LA NOTION DE CRITIQUE DE CINÉMA

Cinéastes, cinéphiles, étudiants et enseignants ont fait le plein de l’espace conférence du Yarha festival ce mardi 16 janvier 2024 à l’Hôtel de ville de Yaoundé.
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Cinéastes, cinéphiles, étudiants et enseignants ont fait le plein de l’espace conférence du Yarha festival ce mardi 16 janvier 2024 à l’Hôtel de ville de Yaoundé. C’était à l’occasion de la conférence de l’Association Camerounaise Interuniversitaire de Recherche en Cinéma ACIREC placée sous le thème « Les critiques et la critique de cinéma : quels apports à la cinématographie et à la cinéphilie camerounaises ». Sur le panel, trois professionnels de la critique de cinéma et un cinéaste aguerri ont entretenu le public. 

Autour de la table des échanges, Jean Marie MOLLO OLINGA et Martial NGUEA tous les deux critiques de cinéma, Éric DEMTARE, cinéaste et le Pr Longin ELOUNDOU, sémioticien du cinéma, modérateur de séance. Tous les quatre ont entretenu le public sur le rôle essentiel que joue un critique de cinéma dans l’industrie cinématographique. D’entrée de jeu il convient d’apporter une définition précise sur cette notion. D’après le Pr Longin ELOUNDOU, un critique de cinéma est un professionnel de l’information qui « effectue un examen raisonné et objectif qui s’attache à relever les qualités et les défauts d’une production cinématographique à partir d’une grille de lecture précise. ».

Pour monsieur Jean Marie MOLLO OLINGA, « le critique est là pour apporter un éclairage dans la compréhension d’un film. Il donne un avis certes subjectif, mais objectif, parce qu’il s’appuie sur des faits ». L’universitaire et critique émérite poursuit ses propos en présentant la méthode de travail d’un critique de cinéma. « Il s’agit d’analyser l’œuvre dans son ensemble. Analyser la cohérence entre le jeu d’acteur, l’histoire qui est racontée, le décor, l’intrigue et la manière d’utiliser la caméra. Tout cela s’adosse sur la culture générale, la culture cinématographique et la connaissance de l’histoire du cinéma. »

Éric DEMTARE quant à lui reconnait l’apport de la critique dans le développement de sa carrière d’un cinéaste. « Une critique objective est très importante pour un cinéaste qui sait écouter. Lire l’avis d’un cinéphile professionnel permet de se rendre compte de ses manquements et de les corriger. » D’après ce réalisateur, « le métier de critique de cinéma demande que son professionnel soit à l’affût des films qui lui permettront d’exercer son métier. Ce n’est pas aux cinéastes d’aller vers les critiques. Dit-il ». En réponse, Martial NGUEA a posé la problématique de l’accès au film. « Pour faire une bonne critique il faut voir le film plusieurs fois sous plusieurs angles. C’est un exercice difficile au Cameroun » a tenue à préciser le président de CINEPRESSE, l’association des journalistes critiques de cinéma. Dans la suite de ses propos il a mentionné le fait que les films sont très peu diffusés en salle. Après la sortie du film l’équipe de production organise juste deux ou trois séances de projections et le métrage entre dans les archives. Les cinéastes gagneraient à rendre leur œuvre accessible non seulement pour les cinéphiles mais aussi pour les critiques de cinéma. Car ces derniers ont pour « rôle d’apporter de la lumière au cas où des zones d’ombres se seraient glissées dans la compréhension d’un film par le spectateur. ».

Dans son mot de fin, Jean Marie MOLLO OLINGA a tenu à rappeler aux critiques la notion de compétence. « Les critiques peuvent participer au développement de la cinématographie et au développement de la cinéphilie en étant compétent; c’est-à-dire que dans leur exercice qu’ils n’oublient pas qu’ils sont le dernier maillon de la chaine de fabrication d’un film et qu’ils doivent jouer un rôle d’intermédiaire entre l’œuvre et le public. ». Martial de renchérir « nos points de vues doivent édifier, doivent instruire et doivent aider les cinéastes et les cinéphiles ».

Sidoine FEUGUI

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