AMOUSSOU SYLVESTRE : LE CINEASTE QUI SENSIBILISE

Face à la rareté des propositions de rôles pour les acteurs africains dans l'industrie cinématographique française, il décide de passer derrière la caméra pour exprimer ses idées et sa vision...
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Il est connu pour ses rôles  dans des films comme « Black Mic-Mac 2 », « Élisa », « Fantôme avec chauffeur », « Delphine 1, Yvan 0 », « Paris selon Moussa », « Rire et Châtiment » ou encore « Le Grand Appartement »,Amoussou Sylvestre est un cinéaste, né le 31 décembre 1964 au Benin. Il vit en France depuis une trentaine d’années, où il a commencé sa carrière comme acteur de théâtre, de cinéma et de télévision. Face à la rareté des propositions de rôles pour les acteurs africains dans l’industrie cinématographique française, il décide de passer derrière la caméra pour exprimer ses idées et sa vision du monde.

Il réalise ainsi des films qui abordent des sujets qui lui tiennent à cœur, comme l’immigration, le rapport entre l’Europe et l’Afrique, ou le développement du continent africain. Son premier film en tant que réalisateur est « Les Scorpionnes », un court-métrage sorti en 1997. Il réalise ensuite une série télévisée intitulée « Achille » en 1999, puis un autre court-métrage en 2001, « Africa Paradis », qui imagine un renversement de situation entre l’Afrique et l’Europe.

En 2007, il adapte ce court-métrage en long-métrage, sous le même titre : « Africa Paradis ». Le film raconte l’histoire d’un couple de Français qui tente d’immigrer clandestinement en Afrique, devenue un continent prospère et démocratique, tandis que l’Europe est plongée dans la misère et la violence. Le film se veut une satire sociale et politique, qui dénonce les conditions de vie des immigrés africains en Europe, et qui invite à repenser les relations entre les deux continents.

En 2011, il réalise son deuxième long-métrage : « Un pas en avant ». Le film suit le parcours d’un jeune médecin béninois qui revient dans son pays après avoir étudié en France. Il se heurte alors aux difficultés du système de santé local, corrompu et inefficace, et aux pressions de sa famille qui attend beaucoup de lui. Le film met en lumière les problèmes auxquels sont confrontés les jeunes diplômés africains qui veulent contribuer au développement de leur pays.

En 2017, il réalise son troisième long-métrage : « L’Orage africain : Un continent sous influence ». Le film raconte l’histoire d’un président africain qui refuse de se soumettre aux injonctions des puissances occidentales, qui veulent exploiter les ressources naturelles de son pays. Il doit alors faire face à un coup d’État fomenté par ses opposants, soutenus par les services secrets français. Le film dénonce le néocolonialisme et la manipulation dont sont victimes les pays africains, et propose une vision alternative d’une Afrique souveraine et solidaire.

Ce film lui vaut de recevoir le deuxième prix au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) en 2017, l’Étalon d’argent de Yennenga. C’est la première fois qu’un Béninois atteint un tel niveau dans le palmarès d’une compétition de cinéma.

Amoussou Sylvestre est, au vue d’un tel parcours, un cinéaste béninois engagé qui utilise le cinéma comme un moyen d’expression et de sensibilisation. Il est considéré comme un grand promoteur de la culture africaine à l’international, et comme un porte-parole des aspirations du peuple africain.

Christelle Noah

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