ISSIAKA KONATÉ : UN REALISATEUR REALISTE

Il est aussi convaincu que le cinéma africain doit s'adapter aux mutations de l'écriture cinématographique...
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Issiaka Konaté est un réalisateur et producteur burkinabé, né le 16 juin 1959 à Bobo-Dioulasso. Il est l’un des rares cinéastes africains à avoir suivi une formation théorique et pratique dans son pays et en France. Le cinéaste du pays des hommes intègres a découvert le cinéma à l’âge de cinq ans, lors des projections organisées par un groupe de missionnaire catholique« Les pères blancs», dans son quartier. Il a été fasciné par des films comme « Le ballon rouge » et « Crin blanc » d’Albert Lamorisse, qui ont éveillé sa vocation.

Après le Baccalauréat, il a intégré l’Institut Africain d’Études Cinématographiques (INAFEC) à Ouagadougou, créé par l’UNESCO et les pays africains. Il y a obtenu une licence en sciences et techniques de l’information et de la communication en 1983.

Il a ensuite poursuivi ses études en France, où il a décroché une maîtrise et un DEA en cinéma à l’Université Paris I-Panthéon-Sorbonne et à l’Université Paris X-Nanterre. Il a également suivi une formation au Centre d’Études et de Recherche en Image et Son (CERIS) à Chantilly.

De retour au Burkina Faso, il a commencé sa carrière de réalisateur avec plusieurs moyens métrages documentaires sur des métiers ou activités de son pays, comme « Yiri Kan (La voix du bois) » (1989), « Enfants du soleil » (1995) ou « Souko » (Le cinématographe en carton)  en 1998.

Issiaka Konaté a également exploré d’autres genres cinématographiques, comme la fiction, le portrait ou le clip. Il a réalisé en 2008 « Cher Issiaka Konaté », un court métrage autobiographique où il répond à une lettre d’un admirateur français.

Passionné des nouvelles technologies et des  nouveaux médias, il  réalise des clips musicaux pour des artistes burkinabés comme Bil Aka Kora  et produit une série télévisée humoristique, « Le nouveau royaume d’Abou » en  2006.

Il travaille actuellement sur un projet de long métrage documentaire, « Chambres noires », qui raconte et interroge une vingtaine de photographes africains sur leur rapport à leur art et au marché de la photographie.

Issiaka Konaté se définit comme un cinéaste passionné et engagé, qui cherche à transmettre et à émerveiller son public. Il considère que le cinéma est un moyen d’éducation, de sensibilisation et de valorisation des cultures africaines.

Il est aussi convaincu que le cinéma africain doit s’adapter aux mutations de l’écriture cinématographique induites par le numérique et les nouveaux modes de diffusion. Il encourage la jeune génération à se former, à innover et à créer des réseaux de coproduction.

Il assume pleinement le cumul des fonctions de réalisateur et de producteur, qu’il juge nécessaire dans le contexte économique actuel de la filière cinématographique en Afrique de l’Ouest. Il espère toutefois que les Etats africains soutiendront davantage le secteur culturel, notamment par la création d’un fonds panafricain pour le cinéma.

Christelle Noah

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