KANTARAMA GAHIGIRI, UNE CINÉASTE ENTRE DEUX MONDES

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Kantarama Gahigiri est née à Genève en 1976. Elle a une double nationalité, suisse et rwandaise. Elle a fait des études de relations internationales à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève, puis elle a obtenu une bourse Fulbright pour se former à la communication et à la production audiovisuelle à l’institut de technologie de New York.

Elle a travaillé pendant huit ans aux États-Unis, dans l’industrie de la télévision et du cinéma, sur des projets tels que « Suits, Person of Interest » ou « Men in Black 3 ». Elle a également réalisé des courts métrages et une série, « Me + U ». Elle a aussi joué dans un film de science-fiction, « 2B », sorti en 2009.

Elle est revenue ensuite en Suisse, où elle a co-écrit, co-réalisé et co-produit son premier long métrage de fiction, « Tapis Rouge ». Ce film raconte l’histoire d’un groupe de jeunes d’une banlieue lausannoise qui partent au festival de Cannes pour présenter leur court métrage. Tourné en 2014 à Lausanne et à Cannes, le film est sorti en salle en Suisse en 2015 et en France en 2017. Il a été récompensé à plusieurs reprises, notamment du prix du Meilleur long métrage francophone au Festival international du film de Genève, et du prix de la Meilleure mise en scène au Festival du film de Chelsea à New York.

Kantarama Gahigiri a ensuite collaboré avec un autre réalisateur rwandais, Kivu Ruhorahoza, sur un thriller, Tanzanite. Ce film se déroule dans un futur proche, où le Rwanda est devenu une puissance économique grâce à l’exploitation d’une pierre précieuse, la tanzanite. Le film explore les thèmes de la corruption, du néocolonialisme et de la résistance.

Elle a également joué dans un film franco-belge de Joël Karekezi sorti en 2018, « The Mercy of the Jungle ». Ce film suit le parcours de deux soldats rwandais perdus dans la jungle congolaise pendant la deuxième guerre du Congo.

Kantarama Gahigiri est aussi la marraine du Festival du film africain Mashariki à Kigali, au Rwanda. Elle y défend le cinéma africain et sa diversité.

Kantarama Gahigiri est une cinéaste qui navigue entre deux mondes, l’Europe et l’Afrique, le documentaire et la fiction, le réalisme et le fantastique. Elle se dit inspirée par des réalisateurs comme Spike Lee, Quentin Tarantino ou Jean-Pierre Bekolo. Elle affirme vouloir faire des films qui parlent de son identité métisse, de ses racines africaines et de sa vision du monde.

Christelle Noah

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