CINEMA CAMEROUNAIS: NAISSANCE ET EVOLUTION

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Le cinéma camerounais est né dans les années 1900 mais, il a fallu attendre l’année d’après celle de l’indépendance pour que les films camerounais voient le jour. Jean Paul Ngassa est le premier à se lancer avec son film « Aventure en France » sorti en 1962. C’était un court métrage de 26 minutes, qui décrivait la situation des étudiants camerounais vivant en France. Après lui, des citoyens se sont dévoués à la création et à la réalisation d’œuvres cinématographiques tels que : Sita Bella avec son film « Tam Tam à Paris » sorti en 1963 et Jean-Pierre Dikonguè Pipa. En 1966, le tout premier long métrage «  Point de Vue » réalisé par Dia Moukouri, voit le jour. Ce film a été tourné au Cameroun et a connu un succès retentissant.

A cette époque, le ministère français de la coopération maintenait son influence par le biais de son aide aux cinéastes et au développement du cinéma en Afrique. Par la même lancée, l’état camerounais avait décidé d’aménager le secteur du cinéma et a créé en 1973 le Fonds du développement de l’industrie cinématographique (Fodic). Cette entité gouvernementale soutenait les productions nationales par des financements directs et une billetterie organisée et contrôlée. De ce fait, le Fodic a participé à la production d’une vingtaine de longs métrages au Cameroun.

De 1970 à 1980, le cinéma camerounais a connu ses moments de gloire avec des films remarquables tels que : « Pousse-Pousse » (1975) de Daniel Kamwa, « Muna Muto » (1975), « Le prix de la Liberté » (1978), « Histoires drôles, drôles de gens » de Jean-Pierre Dikonguè Pipa.

En raison de l’invisibilité de leurs productions cinématographiques sur le territoire national, les cinéastes camerounais se sont regroupés au sein de la Fepaci (Fédération panafricaine des cinéastes) en 1970, pour dénoncer l’injustice des distributeurs et des exploitants. À cette injustice s’était ajouté le désengagement de la coopération  française à partir de 1980 et l’apparition de la chaîne de télévision nationale (CRTV). Dès l’entame de l’année 1985, l’Etat camerounais avait décidé de donner la priorité à ce nouveau média pour la distribution des productions cinématographiques nationales. Cependant, en 1990 une dépendance florissante aux subventions institutionnelles venant de la France se ressent.

Durant les années 2000, une nouvelle génération de cinéaste jaillit notamment avec Joséphine Ndagnou et Djimeli Lekpa Gervais. Ils ont produit des films qui ont été réalisé en France et diffusé sur la chaîne américaine BET. En 2010, le cinéma camerounais ne repose plus uniquement sur des feuilletons mais aussi sur des films d’animation. C’est ainsi qu’en 2015 et 2017, Daniel Kamwa et Claye Edou, conçoivent des films d’animations intitulés : « Turbulences » et « Minga et la cuillère cassée ».  Le cinéma fait au Cameroun a connu une évolution impressionnante, précisément dans la réalisation de fictions et de documentaires qui sont de plus en plus nombreux mais aussi dans la formation des cinéastes avec des écoles qui ont vu le jour mais aussi des filières y relatives, dans les université publiques.

Manuella MANGA

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