TÊTE-A-TÊTE AVEC PRESTON NDINGA

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Preston Ndinga est un scénariste tchadien, CEO de « Les Studios PC » à Ndjamena. Il a un penchant pour la réalisation de courts métrages explicites, traitant de sujets délicats.
Le 04 septembre dernier, son court métrage intitulé « Bonheur Reporté »  a fait un tollé impressionnant au musée national de Ndjamena où il en faisait la projection.
Le 27 novembre prochain sera diffusé en avant-première, son nouveau court métrage intitulé « Quand Le Foyer Devient L’Enfer« .

 

Ce matin, il a accepté de répondre à nos questions:

 

1- Bonjour M. Ndinga et merci d’avoir accepté notre invitation.
•Bonjour EsBi Media, merci pour l’invitation.

 

2- Vous avez mis sur pieds un nouveau court métrage…c’est quoi l’intrigue?
• « Quand Le Foyer Devient L’enfer », c’est l’histoire d’une jeune femme qui au nom des vertus d’une bonne épouse fait tout pour couvrir les élans misogynes, macho et la violence de son époux à son égard. Malgré les soupçons de son entourage qui fait son possible pour la persuader de délier sa langue, elle choisit le silence jusqu’à en perdre sa vie.

 

3- Vous traitez ce sujet dans un court métrage…pourquoi?
• Le court métrage n’est pas un genre mineure comme le pensent certaines personnes, bien au contraire, il est tout autant perspicace que le long. A la différence qu’en terme de budget pour une autoproduction, il est un bon choix. D’autre part, il nous permet d’aborder de façon concise des thématiques éducatives et de sensibilisation spécifiques aux sociétés africaines.

 

4- D’accord… Et comment vous choisissez les acteurs de vos productions ?
• Pour les deux courts métrages déjà produits, nous n’avons pas fait des castings ouverts. Nous identifions et sollicitons des potentiels acteurs en fonction des facteurs suivants: disponibilité, physique (il doit être adapté aux différents rôles), et enfin il faut que les acteurs soient capables d’accepter le maigre budget disponible.

 

5- Mis à part le manque de budget, qui semble vous froisser, quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans la production au Tchad?
• Les difficultés… Premièrement, il n’y a pas de direction du cinéma au ministère de la culture, par conséquent pas de fonds disponibles à la production, vous voyez qu’on revient au budget (rires). Deuxièmement, c’est compliqué d’obtenir des autorisations et facilitations de tournage. Troisièmement, on n’a pas de salles de diffusion, pas de réseau de distribution. On ne va pas finir, si je dois tout citer…

 

6- Vous pensez, malgré tout ça, que le cinéma fait au Tchad pourra évoluer? Vous le voyez à quel niveau à court terme…dans 05 ans, disons?
•Les tchadiens de tout âge sont très intéressés par le cinéma, ce qui augure un bel avenir pour notre cinéma, en terme de public et d’acteurs (même si on n’a pas de centre ou école de formation dans les métiers du cinéma). En attendant, on s’auto-instruit avec des outils comme internet… Dans 5 ans, je pense réaliser un long métrage avec un budget conséquent. Récemment, j’ai pris part aux assises sur les arts et la culture organisées par la chambre de commerce et réunissant en partie les professionnels du cinéma au Tchad. Il y’a eu de bonnes idées et de belles perspectives d’avenir pour révolutionner le 7eme art dans notre pays. Donc dans 05 ans, le Tchad aura fait un pas non négligeable en avant.

 

7- D’accord, beaucoup de courage à vous. Merci encore, M. Preston Ndinga, de nous avoir accordé du temps.
•Merci à vous.

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