TÊTE À TÊTE AVEC RICHARD NYAME

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Richard Nyame, réalisateur camerounais, a marqué d’une empreinte presqu’indélébile, le cinéma fait au Cameroun. C’est un cinéaste qui revêt plusieurs casquettes. Né en 1985 au Cameroun, il est connu pour son film « Coronavirus » sorti en 2020. Richard Nyame a accepté de répondre à nos questions.

EsbiMedia : Bonjour M. Nyame ! Merci d’avoir accepté notre invitation…

Bonjour ! C’est moi qui vous remercie.

EsbiMedia : Qui est Richard Nyame ?

Je suis un jeune cinéaste, acteur, réalisateur, formateur d’acteur et promoteur du Cica-Up.

EsbiMedia : C’est quoi le Cica-Up ?

« Cica-up » signifie Cinéma Camerounais Debout. C’est une école spécialisée dans la formation de cinéastes. J’ai fondé Cica-up pour former et valoriser les nouveaux acteurs de cinéma.

EsbiMedia : D’où vous êtes venu l’idée de devenir cinéaste ?

C’est une idée innée, car depuis ma tendre enfance, je suis un amoureux d’art. À l’âge de 12 ans je regardais un film intitulé « Un Flic Dans La Mafia »  qui était diffusé à la CRTV et j’ai commencé à adopter le jeu d’acteur du personnage principal du film, Vinnie Terranova. Cet acteur était toujours vêtu d’un blouson en cuir et je me suis mis à cotiser pour m’en acheter un également.

EsbiMedia : Vos débuts étaient-ils difficiles ?

Bien sûr ils étaient difficiles et je n’avais pas d’ouverture d’esprit. Pour y remédier, j’ai passé neuf années à me former dans les métiers du cinéma. Soit quatre années pour devenir acteur et cinq années pour devenir réalisateur.

EsbiMedia : Avez-vous des diplômes qualifiés dans le cinéma ?

Je n’en ai pas. Ni de parchemin de formation alors que j’ai fait des formations. Je suis un autodidacte et je me suis forgé en travaillant. Moi je pense que le diplôme d’un acteur c’est son jeu d’acteur et celui d’un réalisateur, ce sont ses œuvres.

De combien de productions cinématographiques êtes-vous auteur ?

J’ai déjà réalisé quatre (04) films : « Ma Passion », « Rêve brisé », « Coronavirus » et plus récemment « Elsewhere ».

EsbiMedia : Ok, parlez-nous de l’évolution de vos réalisations

Mon évolution se fait à grand pas. J’ai débuté en 2018 avec « Rêve Brisé », ensuite « Ma Passion »  et « Coronavirus » en 2020 et en 2023, « Elsewhere ».

EsbiMedia : « Elsewhere »… Quel type de fiction est-ce ?

« Elsewhere » est un long métrage, d’une durée de 02 heures environs. Il relate l’histoire de la vie de jeunes gens dont le rêve est de devenir des stars du cinéma.

EsbiMedia : Le 16 juin prochain, le film « Elsewhere » dont vous êtes le réalisateur sera en projection en salle au Cameroun. Quelles ont été les difficultés pendant le tournage ?

Les difficultés sont multiples. Tourner avec de jeunes cinéastes inexpérimentés est extrêmement difficile. Certains ont la frousse, d’autres perturbent et prennent cela pour un jeu. La mauvaise conduite des acteurs et les retards faisaient partie des gènes pendant le tournage.

EsbiMedia : Comment se fait le choix des titres de vos films ?

Généralement c’est lorsqu’on n’écrit un scénario qu’on trouve le titre. A la fin du tournage si le réalisateur trouve que le titre n’est pas adapté avec le film, il se met en collaboration avec le scénariste pour en donner un autre.

En tant que professionnel quel est votre plus grand rêve ?

Mon plus grand rêve est de côtoyer le cinéma mondial. Monter sur des planches des festivals mondiaux. Aller au plus loin avec mes films, remporter des prix dans des festivals reconnus de ce monde. Je travaille beaucoup pour cela, je mets les moyens qu’il faut et j’ai de la conviction que j’y arriverai.

Qui est votre modèle dans l’univers du 7ème art ?

Comme je vous l’ai dit plus haut Vinnie Terranova était mon modèle quand j’étais plus jeune. Euh… maintenant s’il faut parler d’un modèle que vous connaissez il s’agirait de Jean-Claude Van Damme, et Martin Acero. Je parle de Jean Claude Van Damme, parce que j’ai fait du karaté et je suis actuellement maître de karaté. J’aime tellement les films de combat au point où, j’attends un très bon scénario pour en réaliser à mon tour.

Quel est votre meilleur souvenir lors d’un tournage ?

Oh ! Mon meilleur souvenir date de six mois environs. Nous étions dans l’un des villages de Foumbot pour le tournage du film d’ « AJARA » et j’ai trouvé des personnes aimables. Vous savez qu’ici à Douala nous disons que les Bamoun sont méchants et autres, mais j’ai trouvé des personnes aimables et accueillantes. L’hospitalité de ces villageois m’a tellement touché qu’elle restera l’un de mes meilleurs souvenirs lors d’un tournage. 

Lorsque vous décidez de vous consacrer au cinéma, quelle est la réaction de vos parents ?

Mes parents n’étaient pas optimistes par mon idée. La réplique était : « qu’est-ce que tu veux faire là-bas ?  C’est un domaine où lorsque tu veux réussir il faut entrer dans la secte. Nous ne voulons pas que tu fasses ce métier ». J’ai même été victime d’injures venant de mes grands frères. Ils ont compris que j’étais sérieux et que je n’abandonnerai jamais, lorsqu’ils m’ont vu jouer dans la série « Au-delà de tout soupçon ». Aujourd’hui je suis la star de la famille. Tout le monde aime rester avec moi et parle de moi à ses amis.

Quelle serait votre réaction si votre enfant vous disait vouloir devenir acteur, vous l’accompagnez ou vous l’en dissuadez ?

Je ne suis pas le genre de parent qui veut faire vivre son rêve à son enfant. Mais si mon enfant a le don de faire le cinéma, je vais juste l’orienter à faire le bon choix à prendre de bonnes décisions. Pour la petite histoire, j’emmenais ma fille de trois à mes séances de formations. Pendant que je formais elle était à côté. À 07 ans j’ai  essayé de la reculer du monde du cinéma et je ne l’emmenais plus à ces séances parce que je ne voulais pas qu’elle fasse ce que je fais. Mais curieusement pendant le confinement en 2020, je suis à la maison et je me dis : on fait quoi ? Il faut bien tourner quelque chose. Et un jour je lui demande, est ce que tu peux faire quelque chose ?  Elle me dit oui papa je peux. Alors je dis essayons ! On a tourné et j’ai appelé ce court métrage « Coronavirus ». Laissez-moi vous dire que tous les prix que nous avons remporté de ce film au Gabon c’était grâce à elle. Elle était l’actrice principale et a tellement bien joué dans ce film que j’étais sidéré au point où je me suis demandé : où a-t-elle apprit cela ?  Je souligne que mon plus gros argent dans le cinéma c’est ce film qui me le donne et c’est grâce à elle.

EsbiMedia : Quelle est votre plus grande réussite dans le cinéma selon vous ?

Ma plus grande réussite c’est ce que je matérialise sur les plateaux de tournage et lors de mes formations.

EsbiMedia : Avez-vous d’autres réalisations en cours ?

Oui je viens de boucler le tournage de mon nouveau film dénommé « AJARA ».

EsbiMedia : Pour vous est-ce que le cinéma au Cameroun nourrit-il son homme ?

Bien sûr qu’il nourrit son homme vu qu’aujourd’hui beaucoup vive du cinéma. Les à-côtés du cinéma c’est le cinéma. Si aujourd’hui par exemple les acteurs sont égéries des marques, c’est grâce à leur visibilité dans les films qu’ils sont contactés et sont rémunérés. Pareillement avec ces acteurs qui ouvre des restaurants, des bars et boites de nuit. C’est l’argent du cinéma qui leur permet de réaliser leur projet.

EsbiMedia : Un tour dans votre jardin secret, ça vous dérange?

Non, bien-sûr que non (rires)

EsbiMedia : Marié ? Des enfants ?

Non je suis célibataire mais j’ai deux magnifiques enfants. Un garçon et une fille.

EsbiMedia : Pas de conquête ?  

Oh que si ! (rires)  Je suis en couple avec une charmante demoiselle que j’affectionne beaucoup.

EsbiMedia : Merci M. Nyame Richard, d’avoir répondu à notre invitation.

Je vous en prie !  

Entretien menée par Manuella MANGA

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